La clim jette un froid

Cette semaine, on parle de la pluie et du beau temps.
Avec l’arrivée du printemps –et avec un peu de chance- on devrait enfin assister à une hausse bien méritée des températures. Effets positifs sur l’humeur annoncés !
Mais chaleur dans les bureaux rime très souvent avec climatisation à gogo.
Essayons de voir ensemble l’impact de ces machines sur le bilan carbone.
Un peu de théorie
Pour bien comprendre comment fonctionne un climatiseur, il suffit de regarder attentivement votre réfrigérateur. Ces deux appareils fonctionnent en effet quasiment de la même façon.
Un compresseur électrique (responsable du léger bourdonnement que l’on entend à l’arrière du frigo) comprime un gaz appelé « réfrigérant ». Celui-ci circule ensuite dans un circuit et passe par un détendeur qui le fait passer de l’état liquide à l’état gazeux. Ce changement d’état « produit du froid ». Cet air frais est soufflé vers l’intérieur et permet donc de diminuer la température de la pièce. De l’autre côté, le gaz redevient liquide en passant par un condensateur (changement d’état inverse) et l’air chaud généré est évacué vers l’extérieur. (Pour le détail, on ressortira les cours de thermodynamique que l’on a séché au lycée).

Voilà pour le côté technique.
Le point noir de ces installations est que l’étanchéité du circuit est rarement parfaite, et que le fluide utilisé est le plus souvent un halocarbure, c’est-à-dire un puissant gaz à effet de serre (jusqu’à 2 000 fois le pouvoir de réchauffement du CO2 !). A cause de cette étanchéité imparfaite, il en résulte des fuites pendant le fonctionnement et au moment de la mise en décharge. C’est ce que l’on va comptabiliser.
Du froid au chaud
En tout, nos bureaux sont équipés de 60 climatiseurs (un peu plus d’un par personne ?). Connaissant leurs caractéristiques techniques (type de gaz et puissance du moteur) on peut facilement alimenter le tableur Bilan Carbone.
60 climatiseurs : 7,5 t équivalent CO2/an
En un mot comme en cent : c’est beaucoup !
On est grosso modo dans le même ordre de grandeur que les transports quotidiens.
Evidemment je ne suis pas en train de vous dire qu’il va falloir griller dans nos bureaux cet été sur un prétexte écologique. Mais pourquoi ne pas penser dès aujourd’hui à des solutions alternatives pour garder un peu de fraicheur ? Pourquoi ne pas ressortir le ventilateur du placard ? Penser à aérer pendant les heures fraiches, à baisser les stores aux heures les plus chaudes…